A Igreja ainda tem algo a dizer ao mundo”. Com esta frase o editorial do Figaro Magazine ( 19 de abril passado; p. 7 ) resumiu os tempos atuais. Preocupados, principalmente aqui no Brasil, com as idiotices dos idiotas de plantão, não nos apercebemos da real importância do que está ao nosso redor.

 

L’éditorial du Figaro Magazine: «Notre-Dame de Paris, blessée mais vivante»

 

Par Guillaume Roquette
Mis à jour le 19/04/2019 à 10h50 | Publié le 19/04/2019 à 07h00

FIGAROVOX/CHRONIQUE – L’élan populaire qui fait suite au tragique incendie de la cathédrale de Paris donne des signes d’espérance, estime Guillaume Roquette, directeur de la rédaction.

Lundi soir, dans son martyre, la cathédrale de Paris était Notre-Dame de France. En contemplant durant ces heures interminables les flammes qui semblaient vouloir dévorer l’édifice tout entier, le pays a été blessé au cœur. Chacun, où qu’il se trouvât ce soir-là, et quelle que fût sa foi, put ressentir intimement cette souffrance: c’était une part de nous-mêmes qui brûlait.

On a beaucoup débattu des racines chrétiennes de la France. Des gouvernants ont farouchement nié, au nom d’une obtuse laïcité, cet héritage commun. Les préfets ont interdit des crèches, la justice a fait déboulonner des statues: cachez ce patrimoine vivant, cette identité que l’on ne saurait voir. Et voilà que Notre-Dame, en s’embrasant un jour de printemps, nous a révélé que notre vie n’aurait plus été la même sans elle. D’aucuns, en cette semaine avant Pâques que les chrétiens considèrent sainte, pourront y voir un signe.

L’immense vaisseau semblait pourtant amarré pour l’éternité, fermement tenu par ses gracieux arcs-boutants. Jusqu’à cette soirée de cauchemar. Une fois la flèche de Viollet-le-Duc embrasée comme un feu de la Saint-Jean, le monde entier a retenu son souffle, se demandant si les deux beffrois allaient survivre à cette fournaise ou s’écrouler sur eux-mêmes, comme d’autres tours jumelles, profanes celles-là, en 2001. Mais le chef-d’œuvre a résisté, sauvé par les pompiers de Paris avec un courage au-dessus de tout éloge. Et l’élan qui a aussitôt suivi est à la hauteur de ce que fut l’effroi: «Nous rebâtirons Notre-Dame plus belle encore, en cinq années […] parce que c’est notre destin profond», promis Emmanuel Macron, à l’unisson du pays. En un soir, la crise des «gilets jaunes», le grand débat national, le plan présidentiel ont été comme remis à leur place. L’homme ne vit pas seulement de pain.

L’homme ne vit pas seulement de pain.

Beaucoup cherchent un sens à cette catastrophe. Et y voient le symbole de l’affaiblissement spirituel d’une France déchristianisée. Elle survient après unesuccession d’agressions contre le culte catholique. Depuis un an, près de 1000 églises ont été dégradées, parfois profanées ; le mois dernier, la basilique royale de Saint-Denis a été vandalisée dans l’indifférence générale. Peut-être l’incendie de Notre-Dame réveillera-t-il les consciences.

Il serait évidemment indécent de chercher en ces jours de cendres des motifs d’optimisme mais on peut y discerner des signes d’espérance. L’union des Français dans une même tristesse, la prière de millions de chrétiens, l’émotion planétaire devant cette catastrophe et la mobilisation financière qui s’annonce démontrent que notre époque ne s’est pas abandonnée tout entière à un matérialisme stérile. Même ébranlée par les scandales, l’Eglise a encore quelque chose à dire au monde, croyant ou non. Dans ses blessures mêmes, Notre-Dame de Paris nous l’a murmuré une nouvelle fois.